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Proposition d'auditions civiques

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dernière édition il y a 3 ans par philippe

Ce document est une proposition soumise à la décision de la réunion plénière du 8 octobre. Un sujet de discussion est ouvert sur le forum de discussion générale pour y exprimer vos opinions et suggestions. Merci de ne commenter ici que pour signaler des erreurs de rédaction.


2007, c'est notre affaire !

Auditions civiques des « prétendants »  à la candidature présidentielle


Il nous faut exposer le pourquoi et le comment de telles auditions d'un type inédit.

Pourquoi ?

Depuis la naissance de l'initiative voter Y (novembre 2004), nous n'avons cessé de proclamer à travers toute la gauche la primauté des débats d'idées sur les ambitions personnelles ; nous avons affirmé qu'avant de choisir un ou plusieurs candidats, il fallait d'abord débattre des contenus, c'est-à-dire tout à la fois des perspectives (qui donnent un sens à la politique), des exigences (qui répondent aux urgences), des méthodes enfin, qui lient les unes aux autres. Pendant ce temps, les permanents de la politique nous enfoncent dans le jeu délétère du « plus présidentiable que moi, tu meurs » : à 20 mois du scrutin, rien qu'à gauche, 17 sont déjà clairement recensés comme de possibles, ou même d'irrréversibles (!) « prétendants  à la candidature ». Dans les prochains mois, leur nombre va encore augmenter ! A défaut de les empêcher, ce qui serait tout à fait contraire à notre conception de la démocratie, nous pensons qu'il est temps que les citoyens les interpellent : après tout, nous aurons les élus que nous mériterons !

Il s'agit donc de s'adresser à tous ceux et à toutes celles qui se prétendent de près ou de loin intéressés par une candidature à  la candidature. On peut considérer qu'alors qu'aucun d'entre eux n'est encore assuré d'aller jusqu'au bout de son ambition (la candeur a ses limites?), ils seront tous très disposés à venir s'expliquer avec les mouvements citoyens, sociaux, culturels chargés de les interpeller. Une fois intronisés par un appareil quelconque, la conviction de leur prédestinée leur interdira, comme l'expérience l'a maintes fois montré, toute promiscuité qui dépasserait l'échange épistolaire  ou l'envoi d'un éventuel sous-ministrable, chargé d'éluder les questions délicates. C'est pourquoi, nous avons 6 à 8 mois , peut être moins si de premières désignations intervenaient au printemps, pour organiser ces auditions civiques      

Comment ?

D'abord, dans des conditions rigoureusement identiques pour chacune et chacun d'entre eux, qu'il ne peut donc s'agir de négocier au coup par coup sous peine d'inégalités inacceptables. Nous devons donc publier très vite (avant la fin novembre, qui marquera le premier anniversaire du lancement de l'initiative Y) des « règles du jeu », aussi simples et donc brèves que possible : la première audition ayant eu lieu, une pratique coutumière s'établira alors.

1. La première option à trancher est celle de savoir si les candidats (à la candidature) seront auditionnés ensemble ou séparément. A l'appui d'auditions séparées on peut avancer plusieurs arguments :
  • L'impossibilité pratique (ils sont trop nombreux) et politique (le jeu des exclusives, les petits et les grands, les authentiques et les imposteurs?).
  • L'esprit même de notre démarche : nous n'avons vocation, ni à organiser des confrontations (car, à deux ou plus, ils se préoccuperont d'avantage de leurs rivaux que des questions citoyennes), ni des jeux télévisés : ou alors, il faut aller au bout de la démarche et proposer à une grande chaîne d'être co-producteur d'une «Star Ac' » présidentielle ! D'autre part, la constitution de sous-ensembles (du même parti ou non) ne peut être neutre et relève de responsabilités, que nous ne pouvons, ni ne devons endosser. Nous devons plutôt être dans la logique des « hearings » américains, ou l'auditionné doit répondre à unn petit nombre d'« interpellants » intransigeants.
  • Dans l'hypothèse d'auditions collectives celles ci ne seraient envisageables, afin d'éviter les simples matchs de catch, qu'en étant exigeant sur le plan méthodologique et en ne s'adressant pas à trop de candidats en même temps. On pourrait ainsi imaginer  que, par groupe de trois candidats représentant  les différents courants de gauche, nous leur demandions de respecter la méthode de construction de désaccords (réduction de l'opacité, construction des désaccords, traitement des désaccords en reconnaissant la part jugée recevable dans les positions différentes).
2. La question de l'ordre de passage suivant l'option choisie supposera de respecter une logique pluraliste : Il nous faut éviter d'inviter, en fonction du calendrier d'investiture de leur parti, trois ou quatre verts de suite, puis trois ou quatre socialistes, trois ou quatre « alter » etc.
3. Si les options précédentes sont les plus délicates pour les « candidats», celle de savoir qui pose les questions et, plus largement, débat avec eux, pour ne pas se contenter de fausses réponses, est évidemment essentielle pour tous les citoyens. La réponse de principe ne fait aucun doute : tout citoyen doit pouvoir interpeller ; on sait qu'il n'existe malheureusement pas de réponse pratique idéale à cette question : le fait de donner la parole à la salle est depuis longtemps une technique de « com », bien trop maîtrisée par les professionnels, pour s'y arrêter. Heureusement, internet nous ouvre un moyen inédit d'atténuer cette difficulté : on peut convenir que dans les jours précédents l'audition, les interpellants désignés (cf. infra) fassent la synthèse de toutes les questions (au sens large) posés par des citoyens ou groupes de citoyens.
4. Même si les questions préalables sont clairement tranchées, l'organisation des auditions peut faire l'objet d'un nombre infini de variantes (durée et/ou fractionnement des auditions, nombre des interpellants?). Afin d'éclairer notre discussion collective, car le calendrier est serré pour tout organiser, on se contentera de marquer les risques de formules trop extrêmes :
  • Les débats ne doivent pas être trop courts, sous peine d'être superficiels ; ni trop longs, au point de devenir insupportables, pour tout le monde : l'idée d'une demi-journée (d'environ trois heures par « candides ») peut sembler une hypothèse moyenne ;
  • Les thèmes des débats ne peuvent certainement pas être délimités au préalable compte tenu de la nature de l'élection et de celle des participants. Par contre, une absence totale de structuration déboucherait sur la confusion et sur le « triomphe » des plus malins. Là encore, une hypothèse moyenne pourrait être de distinguer trois grands sous-ensembles (qui feraient chacun l'objet d'une heure de débat, si l'hypothèse précédente est retenue) : les questions européennes et mondiales ; les questions économiques et sociales ; les questions sociétales et institutionnelles, compte tenu de ce que ces définitions devraient être entendues de façon suffisamment large, pour qu'aucun sujet ne soit tabou. En particulier, les membres de l'initiative devront mettre particulièrement en avant les contenus, qui auront fait l'objet de consensus dans nos forums et ateliers.
  • Les interpellants devraient être limités à 2 ou 3 par sous-ensemble, l'expérience montrant que c'est la meilleure façon d'éviter que les professionnels de la politique puissent s'échapper par de fausses réponses, leurs interlocuteurs étant trop nombreux pour les relancer efficacement. A ceux qui craindraient la confiscation de l'interpellation citoyenne par quelques « Happy few », il suffit de décider que l'on assurera la plus grande rotation possible des interpellants, qui synthétiseront toutes les d'interrogations citoyennes recueillies par internet ! De plus, cette rotation devrait démontrer toute la richesse, la diversité et finalement la légitimité de la démarche.
  • Le choix de tous ces interpellants pourrait être fait par le collectif d'animation de l'initiative, parmi des représentants des mouvements civiques, sociaux et culturels (nos trois composantes d'origine), ainsi que des journalistes et intellectuels associés à notre démarche. Une place prioritaire devrait être accordée aux porte-parole de syndicats, d'associations ou organisations, ayant une légitimité reconnue sur un sujet (LDH, mouvements de chômeurs, ATTAC, MRAP, Ligue de l'enseignement, DAL?) ou ayant apporté récemment une contribution significative sur un thème important (la recherche, les intermittents du spectacle, la réforme de la constitution, des retraites, de la fiscalité, de la constitution et de la monnaie européennes?).
5. Les débats devraient être aussi publics que possible : outre les moyens offerts par internet et la presse écrite (des quotidiens et hebdo aux revues), une ou plusieurs radios doivent être associées et au moins une télévision. Les premiers contacts révèlent que cela est tout à fait possible : Il en est des médias, comme des candidats : même ceux d'entre eux qui apprécieront le moins la novation civique proposée ne voudront pas prendre le risque de l'ignorer, compte tenu de l'esprit de compétition qui les anime.


 

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