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Textes soumis à l'atelier
outre
le texte général dans la page d'accueil voici un premier texte plus spécifique sur
la bataille des droits que nous proposons à l'atelier
La bataille pour les droits (Mireille
Mendès France)
Demander
que soit appliqué et respecté un droit c’est mener un combat politique ayant
pour base les instruments juridiques. N’oublions pas que « Nous, peuples
des Nations » dans la Charte[1]?
des Nations Unies avons demandé à ce que soient instaurés d’autres rapports de
force en décidant d’associer nos efforts
et en prenant comme intermédiaire pour la réalisation des buts et principes nos
gouvernements respectifs. Il
s’agissait d’établir des relations internationales d’une autre nature basée
essentiellement sur la volonté de
« proclamer la foi dans les droits
fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine,
dans l’égalité des droits[2]? ».
Cette intention s’est traduite, dès 1966, par l’adoption simultanée[3]?
de 2 Pactes relatifs, l’un aux droits civils et politiques, l’autre aux droits
économiques sociaux et culturels. Il est à remarquer que ces deux Pactes ont un
article commun qui aurait dû engager la nature et la forme des relations
internationales si les gouvernements ou les institutions internationales
n’étaient mues par des enjeux de pouvoir, de domination et de profit. Non
seulement de par cet article les peuples
peuvent disposer librement d’eux-mêmes, déterminer leur statut politique et
assurer leur développement économique, social et culturel[4]? mais de plus, ils peuvent disposer librement de leurs
richesses et de leurs ressources naturelles, sans être privés de leurs propres
moyens de subsistance[5]?. Disposer
de ses richesses suppose qu’aucun peuple ne peut être dépouillé de son
environnement au profit de qui que ce soit. Il s’agit bien ici de l’affirmation
que le droit à l’environnement, et de ce qu’il produit, reste et doit
rester aux peuples. Toute autre
considération revient à remettre en cause, à la fois, le droit inaliénable
qu’ont les peuples à disposer librement d’eux-mêmes et la nature des relations
internationales. Il est à remarquer que
le concept même d’environnement est
absent de la Charte, tout comme d’ailleurs de la Déclaration
universelle des droits de l’homme. Mais peu importe, le droit à la vie[6]? y est mentionné et pour qu’il soit effectif
cela suppose que les Etats reconnaissent le droit des peuples à disposer
d’eux-mêmes, de leurs ressources. Alors comment peut-on aujourd’hui se réfugier
derrière la nature des instruments juridiques pour ne pas respecter ou faire
respecter le droit fondamental qu’est le droit à la vie ? D’aucuns
prétextent que les Pactes sont de nature contraignante alors que les
déclarations – celle de Rio sur l’environnement[7]?
ou sur le droit au développement[8]?
– ou les résolutions – par exemple la Résolution 1803 à propos de la
souveraineté permanente sur les ressources naturelles[9]?
- ne sont qu’incitatives. Pourtant tous ces instruments insistent sur le
principe fondamental que les peuples ont un droit
de souveraineté permanent sur leurs richesses et leurs ressources naturelles[10]?
, que les Etats ont le droit souverain
d’exploiter leurs propres ressources conformément à leurs propres politiques en
matière d’environnement et de développement[11]?.
Sans parler de la Déclaration de principes –non juridiquement
contraignante mais faisant autorité pour un consensus mondial- sur la gestion,
la conservation et l’exploitation écologiquement viable de tous types de forêts[12]? qui une fois encore précise que les Etats ont le droit souverain d’exploiter
leurs propres ressources. Ce droit ne peut être réalisé sans le droit des
peuples à disposer d’eux-mêmes et sans les conséquences que ce droit entraîne Ã
l’égard des autres Etats ou des institutions internationales y compris
financières.
Prendre
le parti de défendre les droits économiques sociaux et culturels en y incluant
les droits environnementaux est un combat à mener simultanément sur les
terrains juridique et politique, sans jamais privilégier l’un plus que l’autre.
Ils sont en interdépendance totale.
Pour
cette raison, il faut aussi dénoncer toutes les tactiques mises en place aussi
bien par les Etats et les institutions internationales que les transnationales
et même parfois par certaines ONG pour bouter hors du champ des droits humains
les droits environnementaux. C’est d’autant plus un combat primordial
qu’aujourd’hui les pays du Nord utilisent le droit à l’environnement comme un
instrument de domination empêchant le développement économique et social des peuples
du Sud