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Sommet de l'ONU
SOMMET DE L'ONU : UN ECHEC GLOBAL MAIS UNE INNOVATION FACTEUR D'ESPERANCE
Par Pascal Boniface, directeur de l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), membre du Conseil scientifique d'Attac, extrait de Grain de Sable n°526, ATTAC
Le moins que l'on puisse dire est que la montagne a accouché d'une souris. Malgré la présence de dizaines de chefs d'Etats et de gouvernements, le sommet de l'ONU n'a pas débouché sur des résultats concrets. Il y a pour le moins un contraste gigantesque entre le constat généralement partagé de l'urgente nécessité d'une réforme de grande ampleur de l'ONU, et l'absence totale de résultat obtenu à New York. Qu'il s'agisse de l'élargissement du Conseil de sécurité, de la réforme de la Commission des droits de l'homme ou de sujets aussi essentiels que le terrorisme ou la non-prolifération des armes nucléaires, aucune avancée réelle n'a été obtenue.
La réduction des déséquilibres économiques Nord-Sud fut l'objet de
beaucoup de discours, mais d'aucune décision concrète. Le principal -
et sans doute le seul - résultat tangible de ce sommet sera l'adoption
par l'Assemblée générale d'une déclaration commune où figure le
principe de nouvelles sources innovantes pour le développement et la
volonté de certains pays de mettre en place une contribution sur les
billets d'avion pour financer la lutte contre la pauvreté et les
grandes pandémies
Gadget, idée mineure diront certains. Non, évolution capitale et lourde de conséquence pour l'avenir, au-delà du caractère apparemment limité de la mesure. L'idée d'une taxation internationale, certes volontaire et modeste, est entrée dans le paysage juridique. On peut faire le pari que cela ne s'arrêtera pas en si bon chemin et que c'est le début d'un processus qui devrait prendre de l'ampleur. Ce que l'Assemblée générale a consacré, c'est un succédané de la fameuse taxe Tobin proposée par le mouvement alter-mondialiste, et notamment ATTAC en France, depuis quelques années. Cette idée était jugée démagogique et illusoire lorsqu'elle a été proposée. Elle fut ensuite reprise par le Président français et le Président brésilien Lula et elle est désormais en passe de rentrer dans les faits.
Pour la première fois, l'idée d'une taxation internationale a donc été admise et va entrer en application. Et la démarche qui a conduit à cette décision est également intéressante. Elle est le produit de l'adéquation entre un mouvement de citoyens, d'ONG et de décisions étatiques. Les ONG prennent en effet souvent des initiatives qui sont ensuite mises en ¦uvre par les Etats qui restent les décisionnaires. Il y a donc eu finalement une bonne coopération entre certains Etats et les ONG, montrant ainsi que ces deux acteurs de la scène internationale ne sont pas forcément adversaires ou concurrents, et qu'ils peuvent être parfois complémentaires.
C'est la seule bonne nouvelle de ce sommet.