Différences pour une page sur les origines de la protection sociale : le rapport Beveridge
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<h3><img src="http://www.voter-y.net/site/revenus-transparent-workshop-icon.png"><span style="font-weight: bold;"> Origines de la protection sociale en Europe</span><br></h3>
<p>Si on ne sait pas d'où vient (le système), comment veux-tu qu'on sache vers où (le changer) ? </p>
<p>"Historiquement, la genèse des Etats-providence en Europe est
marquée par deux moments importants : les lois Bismarck et le rapport
Beveridge. Le chancelier allemand Bismarck, lorsqu'il fait voter ses
lois sociales dans les années 1880, apparaît comme un précurseur. Dans
la deuxième moitié du XIXe siècle, l'Allemagne connaît une accélération
de son industrialisation, accompagnée par la montée du mouvement
socialiste. En réaction à l'élection de députés du parti
social-démocrate au Reic0tag en 1877, Bismarck décide d'accompagner sa
politique de répression par une politique de réformes sociales
permettant d'encadrer la population salariée et d'assurer une certaine
redistribution vers les ouvriers. Les trois lois fondamentales votées
en 1883 (assurance maladie), 1884 (assurance accidents du travail) et
1889 (assurance invalidité et vieillesse) élaborent un système
d'assurance sociale qui garantit un revenu de compensation en cas de
perte de revenu liée à la réalisation d'un risque social (maladie,
accident du travail, invalidité ou vieillesse).</p>
<p>Les assurances sociales sont destinées à protéger les travailleurs.
Elles sont obligatoires, fortement contrôlées par l'Etat, mais leur
gestion est confiée aux partenaires sociaux, et financées par des
cotisations proportionnelles au salaire, partagées entre salariés et
employeurs. Le système bismarckien va avoir une forte influence sur les
systèmes mis en place notamment au Luxembourg, aux Pays-Bas, en
Autriche, Norvège, Suède, Italie, Belgique ainsi qu'en France.</p>
<p>Le rapport Beveridge, quant à lui, va être rédigé pendant la Seconde
Guerre mondiale, afin de proposer un réaménagement des lois sociales
anglaises à la demande du gouvernement. Il paraît en 1942, sous le
titre Social insurance and Allied Services, et connaît un énorme succès
: il définit des perspectives sociales meilleures pour l'après-guerre,
qui sont autant de raisons positives pour combattre les systèmes
totalitaires. Il offre une philosophie nouvelle de la protection
sociale. <b>Rejetant aussi bien l'assistance que les assurances
sociales réservées aux salariés, il propose d'instaurer un système
généralisé et uniformisé de prestations sociales, financé par des
contributions forfaitaires et délivrant des prestations forfaitaires.
Afin d'éliminer totalement la pauvreté, l'ensemble des citoyens devait
être couvert par le système qui verserait à tous, quel que soit le
risque réalisé, une prestation de même montant.</b></p>
<p><b>Ce principe d'universalité est renforcé par l'organisation même
du système : il doit être unifié dans un service public unique, placé
sous l'autorité directe du gouvernement.</b> Dans son rapport,
Beveridge ajoute que ce système doit aller de pair avec l'instauration
d'un service national de santé gratuit et une politique de
plein-emploi. Les termes du compromis keynésien, fondement des Trente
glorieuses, alliant positivement croissance, plein-emploi et protection
sociale sont ainsi posés. Ce rapport aura une grande influence sur les
projets de Sécurité sociale conçus après la Seconde Guerre mondiale,
aussi bien en Grande-Bretagne qu'en France. Il servira aussi de
fondement à certains articles de la Déclaration universelle des droits
de l'homme de l'Onu." </p>
<p><b><font size="2">Ecrit par Bruno Pallier, Alternatives Economiques n°31 (hors-série), janvier 1997. Extrait trouvé sur le site </font></b><a href="http://www.ac-bordeaux.fr/Etablissement/JMonnet/ses/tdpsae2.htm"><b><font size="2">http://www.ac-bordeaux.fr/Etablissement/JMonnet/ses/tdpsae2.htm</font></b></a></p>