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Différences pour Pour un plein emploi de qualité

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<meta http-equiv="CONTENT-TYPE" content="text/html; charset=utf-8"><title></title><meta name="GENERATOR" content="OpenOffice.org 1.1.4  (Linux)"><meta name="AUTHOR" content="TADDEI"><meta name="CREATED" content="20050303;7060000"><meta name="CHANGEDBY" content="TADDEI"><meta name="CHANGED" content="20050922;10100000">
	
	
	
	
	
	
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<p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">Dans les dossiers 2007,
les questions économiques et sociales  doivent éviter
la rédaction d’un long catalogue, pourtant légitime,
de ce qui passerait sûrement pour un ensemble de vœux pieux.
S’il s’agit bien de redonner du sens à l’action
collective, celle de l’Etat, mais aussi celle de tous les citoyens,
il faut avoir le courage de se donner une grande perspective,
rassembleuse, nécessairement simple dans son énoncé.
En écoutant soigneusement tout ce que disent les sept grandes
organisations syndicales, les mouvements de chômeurs, mais
aussi d’innombrables citoyens engagés dans les combats
sociaux les plus éprouvants, cet objectif central devrait être
un plein emploi de qualité.</p>

<p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">Loin d’être un
slogan creux, l’énoncé de cet objectif correspond à
un ensemble cohérent d’engagements, tant sur le plan
quantitatif que qualitatif.</p>

<p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">Sur le plan quantitatif,
ceci signifie qu’il faut faire tomber le taux de chômage à
5% ou au-dessous, autrement dit faire disparaître le chômage
de masse qui gangrène notre pays depuis 1974, cela fait
maintenant plus de trente ans. A ce taux, en effet, toutes les
expériences étrangères montrent que le chômage
de longue durée (plus d’un an) disparaît&nbsp;: il ne
reste plus qu’un «&nbsp;chômage de transition&nbsp;»
entre deux situations, ce qui n’a évidemment plus les mêmes
aspects traumatisants. Compte tenu de l’actuel  sous-emploi déguisé
(chômeurs découragés, temps partiel contraint,
stages-parkings…) et de l’évolution de la population en
âge de travailler dans les 10 ans à venir,
<b>l’objectif de plein emploi signifie la création nette de 3
millions d’emplois</b>. Si on tente d’allier ambition et
réalisme, on est sans doute conduit à considérer
qu’il faut environ 10 ans pour atteindre un tel objectif, soit en
moyenne (on n’évitera pas les fluctuations de l’activité
internationale) trois cents mille par an, ce qui correspond à
un accroissement des effectifs légèrement inférieurs
à 1%, puisque la population active de notre pays approche les
trente millions. Pour fixer les ordres de grandeur, on rappellera que
pour les 5 années 1997-2001, la moyenne annuelle a été
de 375000, précédant  d’ailleurs à chaque
borne le renversement de majorité politique&nbsp;: c’est
donc à la fois difficile, mais possible, si on en fait
l’objectif central de la stratégie économique et
sociale de Voter Y.</p>

<p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">Sur le plan qualitatif,
il faut simultanément préciser, que ce retour au plein
emploi ne peut en aucune manière s’effectuer au détriment
de la qualité des emplois&nbsp;; autrement dit, la stratégie
proposée s’oppose à celle des libéraux, qu’ils
soient ultra ou sociaux libéraux, qui repose sur le
développement des «&nbsp;petits boulots&nbsp;», du
temps partiel contraint des femmes, de la précarité
sous toutes ses formes, du développement des inégalités
et de la pauvreté, comme c’est le cas notamment au
Royaume-Uni (Smic à 7 euros pour ceux qui y ont droit) ou
comme on tente de le faire en Allemagne (création d’activités
d’utilité publique payées d’un à deux
euros…). Sans vouloir multiplier les critères et parce
qu’une action démocratique a besoin de caractéristiques
comprises du plus grand nombre, nous proposons que la qualité
des emplois soit jugée en fonction du statut, de la durée
et des conditions du travail et de la rémunération&nbsp;:</p>

<ul>
  <li>Le statut&nbsp;: nous
devons combattre la précarité subie (CDD, interim,
stages-parkings). Sans doute, à l’approche du plein emploi,
on trouvera un plus grand nombre de travailleurs, notamment parmi les
plus jeunes, qui choisiront un engagement à temps limité,
plutôt que de rechercher l’emploi à vie que
garantissent certains statuts. Mais cette évolution doit
résulter du mouvement général de la société
et non d’un démantèlement préalable des droits
acquits, en pleine période d’angoisse sociale&nbsp;;</li>
  <li>
    <p>La durée et les
conditions du travail&nbsp;: la norme collective des 35 heures doit
être généralisée, mais la conquête
principale doit être de mettre fin au temps partiel contraint,
qui engendre la misère, notamment chez les femmes jeunes et
peu qualifiées. Pour cela, il faut que les négociations
collectives, puis la loi, s’inspirent de l’exemple hollandais où
les syndicalistes ont obtenu le droit pour les salarié(e)s
d’obtenir une modification de la durée et des horaires de
travail, moyennant un pré-avis suffisant pour éviter la
désorganisation des unités de production. Avec ce même
objectif, il faut presser très fort les négociateurs
syndicaux et surtout patronaux d’aboutir à un accord
collectif pertinent en matière de pénibilité du
travail&nbsp;: s’il est bien vrai qu’il est préférable
de voir réussir une bonne négociation entre les
interlocuteurs les plus directement concernés, il faut aussi
leur rappeler que la question est d’ordre public, et qu’en cas de
carence, le législateur nouveau devrait s’en saisir&nbsp;;</p>
  </li>
  <li>
    <p>La rémunération&nbsp;:
à tous les niveaux de qualification, le chômage a abouti
à ce qu’un nombre grandissant de femmes et d’hommes soit
employé au-dessous de leur véritable qualification&nbsp;:
la formation tout au long de la vie doit permettre de reconnaître
ces qualifications, initiales ou acquises, et par conséquent
s’accompagner d’une augmentation parallèle des
rémunérations, favorisée de surcroît par
le retour progressif à un véritable plein emploi.</p>
  </li>
</ul>
<p>Une telle stratégie
de création d’emplois, qui allie les aspects quantitatifs et
qualitatifs, ne sera crédible que si elle remplie trois
conditions économiques, sociales et environnementales, qu’il
nous faudra préciser collectivement dans la suite des débats.
On se contentera d’en avancer ici les enjeux&nbsp;:</p>
<ul>
  <li>
    <p>Sur le plan économique,
il faut que les entreprises ressentent effectivement le besoin d’une
main d’œuvre supplémentaire, ce qui suppose de préciser
les perspectives de leurs débouchés et de leur
compétitivité&nbsp;: les premiers ne pourront se passer
de<b><i> remplacer, au sein de la zone euro, le pacte de stabilité,
par un nouveau pacte de coopération économique et
sociale</i></b>, incluant notamment la question des prix et des
salaires et celle de l’harmonisation fiscale. De son côté,
le devoir de compétitivité et d’attractivité
existe bien, mais il s’oppose à la stratégie libérale
du moins-disant (vendre moins cher, à un niveau médiocre
de qualité) avec une main d’œuvre peu formée, mal
payée, précaire, et des baisses démagogiques
d’impôts qui entraînent la dégradation de tous
les services publics, stratégie qui ne peut qu’entraîner
notre déclin dans la nouvelle division internationale du
travail. Ce devoir de compétitivité repose, tout au
contraire, sur une stratégie du mieux-disant (vendre à
prix maîtrisé des marchandises de plus grande qualité),
faisant appel à une main d’ouvre qualifiée, motivée,
et donc rémunérée en conséquence, stable,
et un renforcement de nos dépenses d’éducation, de
recherche-développement et d’infrastructures, qui est seule
à même de maintenir nos choix de vie dans ce nouveau
contexte&nbsp;;  
    </p>
  </li>
  <li>
    <p>Sur le plan social,
nous devons simultanément nous adresser aux couches populaires
qui disposent d’un emploi et à celles qui en sont
dépourvues&nbsp;: vis-à-vis de ces dernières, il
est impensable de laisser plus de 6 millions de personnes dans la
pauvreté, attendant patiemment le retour promis au plein
emploi. C’est pourquoi, un plan de relèvement de l’ensemble
des minimas sociaux est particulièrement urgent et devrait se
fixer leur relèvement jusqu’au seuil de pauvreté
reconnu par les instances internationales&nbsp;: cela devrait pouvoir
être accompli en trois ans, son financement annuel étant
équivalent à celui des réductions d’impôt
sur les hauts revenus de Fabius ou de Chirac. On notera que le risque
de décourager ainsi la recherche d’emplois serait
considérablement réduit par l’éradication des
emplois à temps partiel contraint (cf. supra). Vis-à-vis
de la masse des ouvriers et des employés, il est urgent de
réhabiliter les négociations collectives, sur la seule
base démocratique qui puisse les légitimer,
c'est-à-dire le principe majoritaire&nbsp;: le renouvellement
et le rapprochement syndicaux qui en découleraient permettront
alors aux intéressés de définir eux-mêmes
les modalités de la sécurité sociale
professionnelle qu’ils revendiquent, et plus largement les modes de
répartition des fruits du nouveau développement&nbsp;; 
    </p>
  </li>
  <li>
    <p>Sur le plan écologique,
le développement des emplois et donc des activités
productives (de l’ordre de 3% par an, si on les mesure avec les
indicateurs traditionnels du type produit intérieur brut),
relèvera spontanément à 90% du domaine des
services, c’est dire qu’elle n’aura pas en soi d’effets
significatifs sur l’environnement. Tout au contraire, cette
stratégie doit absolument dégager les moyens de
financement permettant une décroissance des dépenses
énergétiques et des activités polluantes&nbsp;:
nous devons persuader consommateurs et industriels qu’il est
nécessaire de devancer l’après Kyoto, non seulement
pour des raisons écologiques évidentes, mais aussi de
compétitivité&nbsp;: devant l’aggravation des
problèmes aussi bien locaux que planétaires, seuls ceux
qui auront sincèrement mis en œuvre un développement
«&nbsp;propre&nbsp;» seront réellement compétitifs
et attractifs. Pour cela, il faudra utiliser sans fausse querelle de
méthodes toute la panoplie des mesures envisageables&nbsp;:
réglementation, imposition et donc renchérissement,
campagne d’informations, tant il est vrai que la solution suppose
ultimement un changement des mentalités, comme pour les
campagnes de lutte contre le SIDA, le tabagisme ou l’excès
de vitesse.</p>
  </li>
</ul>
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