Différences pour Pour des taxes globales
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Contribution de Philippe Velche le 1er octobre 2005<br>
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Une série d’évènements récents nous permet d’avancer l’idée que la
lutte contre le néolibéralisme n’est plus seulement une question de
conviction idéologique, mais une nécessité impérative si l’on veut
éviter que le développement économique que nous connaissons conduise
l’humanité dans une impasse sociale et écologique virtuellement
mortifère. Citons pêle-mêle, au risque de paraître un peu confus- ou un
peut court- la crise du logement qui a frappé à Paris avec un instinct
très sur les immigrés les plus démunis, le licenciement de personnels
hautement qualifiés chez H.P. pour cause de délocalisation,
l’emballement des prix de l’énergie sur fond de raréfaction
inéluctable, la multiplication des dérèglements climatiques liés
vraisemblablement à l’activité humaine, etc, etc.
Ces dernières décennies le mot d’ordre c’était l’ouverture des
économies et la mise en cause des états dans leurs fonctions de
régulation et de protection sociale. Et en quelques jours on a vu le
1er Ministre se référer au « patriotisme économique », le Président de
la République appeler la Commission européenne à intervenir sur le
dossier d’H.P. et le Président des U.S.A. confesser la piteuse gestion
des conséquences du cyclone Christina vis-à-vis de sa propre
population.(Voilà qui en dit long sur l’hyperpuissance !)
Manière de reconnaître à plusieurs voix qu’à l’ère du monde fini et du
village planétaire ce dont la société humaine a besoin, ce n’est pas
tant de dérégulation ni d’autonomisation de l’économie, que de règles
pour canaliser le développement et ramener l’économie à une place moins
orgueilleuse au sein de la multiplicité des activités humaines.
De quelles régulations la mondialisation et surtout la globalisation
financière ont-elles besoin ? La réponse ne dépend certes pas de la
poignée de bénévoles qui animent notre initiative Voter Y. Mais le
moins qu’on puisse dire, c’est que cette problématique ne semble pas
être au centre de nos débats. Or il y a un véritable enjeu, et cet
enjeu concerne Voter Y à au moins 2 niveaux :
- en premier lieu, celui de l’action concrète : il serait quand même
paradoxal d’abandonner à Jacques Chirac le terrain de la taxation
globale (en l’occurrence sur les billets d’avions pour lutter contre le
sida). Serait-on plus conscient à droite ( et peut-être même à l’UMP )
de la nécessité de taxes globales pour répondre aux problèmes d’un
monde globalisé que parmi les militants de Voter Y ? - en deuxième
lieu, au niveau de la crise du politique. La crise du politique passe
certes par le divorce entre les citoyens et les élus, mais cela n’est
dû qu’en partie à l’obsolescence des formes de la représentation. Une
autre de ses causes, et pas la moindre, c’est l’idée que la politique
ne peut pas grand-chose face à l’économie. Idée qui conduit trop
souvent les électeurs à s’abstenir ou à ne voter que du bout du
bulletin.
Il faut donc faire de la nécessité de régulations – démocratiques par
leur finalité, mais aussi leur élaboration et leur mise en oeuvre - une
revendication de masse, avec pour objectif que s’amorce une première
avancée dans la maîtrise par l’humanité de son propre développement.
Il est clair que nous aurons du mal à y arriver tout seuls, mais que
nous y arriverons encore moins si nous ne faisons pas l’effort de
mettre cette question au cœur de notre réflexion.
Il me semble donc nécessaire qu’un groupe de travail se penche sur
cette problématique et recherche :<br>
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<li>Les types de régulations et leurs
niveaux (entreprise, Europe,
institutions internationales ) qu’implique un monde globalisé, à
l’économie vertigineusement financiarisée et aux ressources naturelles
inéluctablement limitées.</li>
<li>Les collaborations (en France et au
niveau international) qui seront nécessaires pour avancer dans cette
perspective. Certes le mot d’ordre d’une fiscalité internationale, et
plus largement d’un nouvel ordre économique et écologique mondial, ne
répond pas aux problèmes concrets et pressants qui assaillent la plus
grande partie de nos compatriotes et auxquels un candidat de gauche à
la Présidence de la République devra proposer des solutions. Mais ne
pas en percevoir la nécessité reviendrait pour notre camp à être en
retard d’une guerre économique et aller vers de nouveaux échecs.</li>
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