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La R&D EDF perd un tiers de son budget
Ce texte, rédigé par l'intersyndicale EDF R&D (SUD, CGT, CFDT, FO), a été adressé en Avril 2005 au collectif Sauvons la Recherche.
Il y a près d’un an, à l’occasion de la bataille contre le changement de statut juridique d’EDF et de GDF, nous avions tenté d’alerter l’opinion sur la situation inquiétante dans laquelle se trouvait
Aujourd’hui, cette situation ne cesse de s’aggraver. Les budgets et les effectifs de
Les conséquences de la libéralisation du secteur électrique sur le service public de l’énergie et sur l’emploi ne se limitent évidemment pas au problème de
Mais, en tant que personnel de
Alors que les champs de recherche ne manquent pas, alors que chacun s’accorde à dire que le modèle énergétique actuel n’est pas viable à long terme, la quasi totalité des activités de recherche sont en déclin, ou disparaissent simplement. Le seul nouveau thème de recherche qui émerge concerne la connaissance du marché de l’électricité !
Cette situation représente un risque majeur pour la collectivité, tant pour l’environnement que pour la sécurité, et plus prosaïquement pour le fonctionnement du système électrique.
Comment ne pas s’inquiéter des coupes claires dans les budgets de recherche sur la maintenance et la sûreté nucléaire ou sur la neutronique (calculs de cœur des centrales nucléaires) à l’heure où les centrales nucléaires voient leur durée de vie prolongée ? Quelles seront les conséquences environnementales de la diminution des budgets de recherche sur les énergies renouvelables (pourtant déjà beaucoup trop limités), en particulier sur l’éolien, sur la maîtrise de l’énergie, sur les véhicules électriques, sur le thermique à flamme, la biologie, la gestion des déchets, etc ? Que penser de la suppression des études sociologiques sur l’organisation du travail et la pérennité des compétences, à l’heure où le personnel des centrales n’est pas renouvelé ?
Cet argent sera trouvé auprès des clients "grâce" à des augmentations tarifaires, auprès des épargnants, « grâce » à une entrée en bourse permettant une augmentation de capital (cette entrée en bourse justifiant elle-même un objectif d"augmentation de la rentabilité de l"entreprise de 2 à 7% pour attirer les capitaux), et enfin auprès des salariés qui devront faire des gains de productivité permettant des diminutions d’effectifs et de budgets de fonctionnement.
Nous ne reviendrons pas sur le caractère inique de ce projet industriel, dans lequel le service public est totalement oublié. Nous aurions cependant beaucoup à dire sur les conséquences annoncées du changement de statut juridique d’EDF, pourtant encore entièrement publique, qui conduit sa direction à afficher un objectif de croissance et d’augmentation de sa rentabilité, alors qu’EDF est déjà le 1er électricien européen et affiche des résultats positifs depuis plus de 20 ans. Nous aurions préféré lui voir afficher des objectifs de maîtrise de la consommation électrique, de minimisation des conséquences environnementales de la production et du transport de l'électricité, d’accès à tous à l’énergie, d’amélioration de la qualité de service, de développement d'un contrôle citoyen sur la politique énergétique …
Au-delà des baisses budgétaires qui hypothèquent l’avenir de
Ainsi, dans le prolongement d'une évolution constatée depuis des années, notre R&D qui porte tout un secteur de recherche nécessaire à la collectivité dans le domaine énergétique, semble désormais aux mains très libérales de la nouvelle direction d'EDF, qui entend la piloter en fonction de critères financiers à court terme.
Celle-ci, dans un déni total de toutes les réflexions initiées par les chercheurs dans le cadre de leurs Etats Généraux, refuse de reconnaître une quelconque spécificité à l’activité de Recherche, et entend lui appliquer tous les préceptes d’une "bonne gestion" libérale.
Ainsi, cette direction considère que
De même, elle refuse une quelconque autonomie de moyen à
M. Gadonneix a annoncé très clairement que
Les questions des organisations syndicales sur le mode de pilotage à mettre en place pour des recherches concernant des domaines non valorisables (ou "non rentables") pour l’entreprise, mais ayant une valeur pour la collectivité, sont restées sans réponse : M. Gadonneix semble ne pas concevoir de tels domaines de recherche. Or, comment une entreprise qui se préoccupera bientôt du cours de son action et qui affiche des objectifs purement financiers, sera-t-elle incitée à lancer des recherches dont les résultats sont soit très aléatoires, soit attendus à très long terme (donc à un horizon incompatible avec le marché), soit non productrices de bénéfice pour l'entreprise quelle que soit l'échéance (telles que la maîtrise de la consommation par exemple) ?
Enfin, M. Gadonneix entend bien poursuivre la politique de « contrôle » de
M. Gadonneix prétend cependant accorder une grande valeur à
Face aux risques que représente pour la collectivité une telle conception de