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Des acteurs culturels parlent aux décideurs de la culture
DES ACTEURS CULTURELS
PARLENT AUX DECIDEURS DE LA CULTURE
10 propositions d'Autre(s)pARTs pour établir
une autre relation à l'art et aux populations
La parole des artistes, des acteurs culturels sur les enjeux d'intérêt général du développement culturel et sur leur traduction en terme de politique publique est aujourd'hui inaudible dans notre pays. Le plus souvent limitée à des revendications corporatistes ou financières, cette parole ne pèse d’aucun poids quant à l’institution culturelle publique. Or ce sont bien ces hommes et ces femmes qui, par leur action sur le terrain, construisent jour après jour la vie culturelle du pays, fournissent la matière première de l’édifice administratif, justifient la raison d’être du ministère de la culture et des services culturels des collectivités territoriales. Souvent, ils ont le sentiment de n’être que "dossier", objet, pion qu’on nomme ou qu’on déplace sans la moindre concertation, selon le bon vouloir des princes qui nous gouvernent.Préambule.
Pour nous, l'acte artistique et culturel ne doit pas être l'émanation de la seule initiative de l'Etat et des collectivités territoriales. Dans une société démocratique, l'action artistique et culturelle doit aussi venir de l'initiative de la société civile et des acteurs indépendants. Le champ de nos actions est en interaction avec les champs de l'aménagement du territoire, des politiques de la ville et des pays, de l'éducatif... Il faut donc mettre en place une vraie concertation avec les représentants institutionnels de ces secteurs, en relation avec la force de nos projets.
C'est pourquoi nous prenons la parole, pour apporter notre contribution à l’élaboration d’une nouvelle, d’une autre politique culturelle, à l’expérience de nos pratiques sur le terrain.
1) Elargir notre conception de l'art pour renouveler l’institution culturelle.
Quarante
trois années après la création du ministère
de la culture, l’objectif initial d’irrigation, d’aménagement
du territoire est bien engagé, même s'il reste encore de
forts déséquilibres territoriaux à résorber.
Un réseau dense et complexe d’établissements
culturels, d’événements et de manifestations dans
toutes les disciplines artistiques maillent le territoire. On
pourrait donc estimer qu’il suffit de gérer les affaires
culturelles selon les instruments élaborés depuis de
longues années. Mais ces instruments reposent sur une
conception désormais trop restreinte de l'art, qui tient pour
essentiel et fondateur le geste singulier de l'artiste produisant une
œuvre originale, à faire ensuite connaître au plus
grand nombre. Fondamentalement, il y a une urgente nécessité
à élargir cette approche de l'art et de ses rapports
aux populations.
Proposition 1 :
Autre(s)pARTs soutient une conception où la co-génération des processus artistiques par des artistes professionnels et d'autres acteurs sociaux est centrale, la production d'une manifestation ou d'une œuvre artistique matérialisée apparaissant comme un moyen (souvent d'importance d'ailleurs) pour scander ce type de démarche.
L'ouverture d'un véritable débat démocratique sur les objectifs et les finalités de la politique culturelle nous parait en tout cas indispensable. Il devrait tout particulièrement faire appel aux forces instituantes, celles qui aux marges de l’institution traditionnelle, posent les jalons de nouvelles politiques artistiques, de nouvelles et autres relations avec la population.
Regroupement qui rassemble depuis deux ans des personnes engagées dans cette démarche, nous voulons au moins faire vivre dans chacune de nos régions ce débat sur les nouvelles pratiques et démarches artistiques, qui puisse servir de base à une réflexion sur une politique culturelle plus proche des acteurs de la culture telle qu'elle se vit sur nos territoires.
2) Aller de la démocratisation de la haute culture à une véritable démocratie culturelle.
La démocratisation de la haute culture, "ouvrir au plus grand nombre les œuvres capitales de l’esprit humain", utopie fondatrice du ministre des affaires culturelles, a échoué. Non seulement la consommation de cette culture instituée n'implique que 10 à 20% de la population, mais surtout elle n’a pas permis de franchir la frontière sociale irrémédiable qui s’élève entre la population concernée et le plus grand nombre. Les consommateurs de cette culture sont en particulier des personnes disposant d’un diplôme universitaire du 3ème cycle et des cadres, les ouvriers et les employés continuant à former une partie très restreinte de ceux qui "pratiquent" les manifestations culturelles proposées par les équipements culturels publics et les équipes de création contemporaines associées.
Néanmoins et parallèlement, la démocratie culturelle, "développer au plus haut point la créativité et la culture - dont artistique - dont chacun dispose", a pris de l’ampleur. Cela s'est fait par un nombre toujours plus important de projets, d’initiatives qui touchent des segments de population jusqu’ici exclus de l’offre culturelle traditionnelle (habitants des quartiers "sensibles", etc), la politique de la ville ayant joué un rôle important d’accélérateur de ce mouvement.
Dépasser
cette opposition dialectique, particulièrement marquée
et handicapante dans notre pays, exige là encore une
modification profonde de nos modes d'approche de l'art.
Proposition 2 :
Si la démocratisation de la culture s'est essentiellement fondée sur les œuvres artistiques matérialisées et sur les artistes les ayant produites, le déplacement contemporain de l'intérêt vers la dynamique ou le processus artistique ne suffira pas pour concerner un plus grand nombre.
Pour ce faire, Autre(s)pARTs soutient qu'il faut désormais situer le centre de gravité des démarches artistiques sur les parcours relationnels qui cherchent à renouveler nos modes de symbolisation et de socialisation. La question de l'éprouvé sensible, propre à chacun mais qui s'agit ensemble, nous semble particulièrement décisive.
Ce qui est à remettre au centre des démarches artistiques, ce sont donc les relations et vécus esthétiques qui sont activés, ceux-ci restant d'ailleurs ouverts et traversés par d'autres motivations existentielles et sociales.
Par voie de conséquence, chaque démarche artistique porte son propre mode de valorisation, partageable mais fondé sur sa dynamique relationnelle singulière.
3) Pour une refonte administrative face à l’extension du champ artistique et culturel
Le champ artistique ne se limite plus aux disciplines artistiques traditionnellement valorisées. Sur l'exemple des arts de la scène, au noyau initial du théâtre de texte, du concert classique et de la danse académique, se sont ajoutés les théâtres du geste, d'objet, de rue, les arts du cirque, les musiques amplifiées de tout type, les formes diverses de danse moderne et contemporaine, et plus récemment les pratiques plurielles des cultures urbaines. Dans un autre domaine, le terme d'arts plastiques recouvre désormais une palette très ouverte de démarches distinctes. Cette extension du champ ne va pas sans poser d’énormes problèmes de prise en compte de la part du ministère de la culture comme des collectivités territoriales. Le "traitement" de ces nouveaux secteurs par le pouvoir politique exige en symétrie une transformation radicale du fonctionnement traditionnel de l’administration publique.
A cette expansion du champ des disciplines artistiques, s’ajoute une extension des relations de l’art à la population - à l’école, dans les hôpitaux, les prisons, les banlieues et quartiers défavorisés -, qui implique elle aussi une relation autre aux collectivités publiques.
Enfin, à l’intérieur des démarches artistiques, la transversalité entre les disciplines s’impose de plus en plus non seulement par les nouvelles technologies multimédia, mais aussi par la volonté des artistes eux-mêmes de dépasser les clivages et cloisonnements imposés.
Ainsi,
la conception et la mise en œuvre affirmées d'une
transversalité réelle des administrations culturelles
deviennent de jour en jour plus indispensable. Les structures
verticales par discipline gardent une pertinence relative au double
titre de l'histoire et des spécificités esthétiques
et organisationnelles de domaines particuliers de pratique. Mais
elles sont aujourd'hui totalement insuffisantes pour comprendre et
promouvoir les dynamiques d'expression, de rencontre, de brassage et
de mixité qui sont une des parts les plus riches et innovantes
du développement artistique et culturel contemporain.
Proposition 3 :
Même si elle doit être précisée (voir proposition 8), Autre(s)pARTs soutient la notion générique de projet de développement artistique et culturel, en lien avec des populations ou des territoires situés. La notion complémentaire de "correspondant administratif unifié", ou encore de "correspondant administratif chef de file", nous semble un autre élément essentiel pour que s'inventent des formes bien plus efficientes de transversalité entre administrations publiques.
La juxtaposition de divers ministres et de diverses instances locales nécessitent au moins la mise en place d’un organisme interministériel au plan national qui ait le pouvoir d’impulser une nouvelle dimension de la politique culturelle. Nous plaidons donc pour la création ou la consolidation d’un organisme unique chargé de prendre en compte l’ensemble des projets émanant du terrain sur le modèle du FIC (ancien Fond d'Intervention Culturel), chargé d’assurer la relation entre les ministres, la mise en œuvre et l’évaluation des projets avec un interlocuteur unique. Un fond régional réunissant les interventions des collectivités territoriales serait créé pour répondre à des objectifs semblables.
4) Pour une meilleure clarté des décisions administratives.
L’administration
du ministère de la culture, comme celle des collectivités
territoriales, a connu une croissance très rapide. Pour les
acteurs culturels, cela s‘est traduit par une multiplication des
interlocuteurs, des instances de décisions. De la Ville à
la DRAC, du Conseil Général au Conseil Régional,
du ministère de la culture aux autres administrations d'Etat
concernées, le parcours administratif est de plus en plus
complexe. Entre les élus et le terrain artistique, une
importante technostructure s’est mise en place. A l’intérieur
même des administrations concernées, les circuits de
décision sont opaques. On baisse, on augmente les subventions
sans explications, sans critères clairement définis. Le
montant des aides accordées à chaque institution est
inconnue. De plus, les pièces exigées pour un dossier
sont de plus en plus importantes. Enfin, les délais de
versement s’allongent, générant des frais financiers
qui profitent exclusivement au secteur bancaire privé.
Proposition 4 :
Autre(s)pARTs soutient l'exigence de mieux définir les critères de sélection et d’attribution des aides publiques aux projets artistiques et culturels, dont une meilleure valorisation de ceux qui portent non pas sur les seules œuvres artistiques matérialisées mais sur les propositions précédemment explicitées.
La mise en œuvre déjà évoquée de correspondants administratifs unifiés devrait aller de pair avec la constitution de lignes budgétaires globalisées correspondantes, en provenance de diverses administrations et affectables directement à ce type de projets.
Nous plaidons pour la mise en place d'une instance d’appel et de médiation en cas de contestation ou de conflit.
Nous plaidons pour l'établissement de véritables comptabilités analytiques dans les diverses administrations, permettant chaque année une présentation publique, claire, précise mais aussi globalisée du montant des aides accordées.
Nous
soutenons la mise en place, entre organisations civiles et publiques,
d'un système de crédits-relais permettant de mieux
faire face aux problèmes de trésorerie liés au
retard de versement des aides publiques.
5) Vers de nouvelles formes d'organisation professionnelle.
De nouveaux champs artistiques, de nouvelles relations aux populations exigent aussi l’expérimentation de nouvelles formes d’organisation. Sur ce plan, la notion d'équipe est essentielle. Sans équipe active, centrée sur un projet identifié, il n’est pas d’action forte. A l’idéologie ancienne du "créateur", seul maître à bord, il faut de plus en plus substituer celle d’équipe artistique, constituée d'une pluralité de compétences (dont non directement artistiques), engagé dans une démarche collective partageant un même objectif sur une période déterminée.
Se
pose alors la question de la mobilité de ces équipes.
Faute d’un processus clairement affiché des conditions de
cette mobilité, les équipes sont vouées soit à
se déliter rapidement, soit à perdurer et s’attacher
à un lieu plus qu’à un projet, à choisir la
sécurité de l’emploi, ce qui est tout à fait
compréhensible. Un domaine social soucieux de gérer au
mieux ses ressources humaines devrait, au plan national, concevoir un
dispositif pertinent et assurer une information claire quant à
cette mobilité. C'est même là une des missions
essentielles, absolument non prise en compte à l’heure
actuelle, que devraient se fixer les organisations professionnelles,
épaulées par les ministères de tutelle d'un
champ artistique et culturel élargi.
Proposition 5 :
Autre(s)pARTs soutient que le champ artistique et culturel peut être le laboratoire affirmé d'un mode de formation, d'emploi et de rémunération mieux adapté à notre société d'innovation et de mobilité.
A ce titre, la notion de statut unifié de salarié à employeurs intermittents et multiples doit être approfondie et mieux formalisée.
Sur l'ensemble de la vie active, ce statut devrait en particulier intégrer les formes les plus avancées du droit à une formation permanente et diversifiée, le droit à un revenu minimal assuré même dans les périodes hors emploi rémunéré, la capacité à cumuler dans un contrat de travail unifié des périodes d'emploi rémunéré auprès d'employeurs multiples.
En contrepartie, ce statut correspondrait, sous peine de radiation, à un ensemble de devoirs du salarié qui, outre l'observation des prescriptions courantes ou spécifiques issues de sa relation aux organismes de formations et aux employeurs, ou encore le non recours à la fraude des procédures contractuelles, s'engagerait pour une partie de son temps hors formation et emploi rémunéré à des taches civiles d'intérêt collectif ou général.
6) Vers une nouvelle phase réussie de décentralisation culturelle.
Le
mouvement de décentralisation va se poursuivre et s’amplifier.
Les EPCC (Etablissements publics de coopération culturelle)
vont se mettre en place. L’avantage pour les acteurs culturels
réside dans une relation de proximité avec les
décideurs locaux. Un désavantage réel porte sur
l’étiquetage politique ou l’aversion pour toute équipe
manifestant son esprit polémique ou critique, qui risque très
vite de se retourner contre elle et de la priver rapidement de toute
ressource. Dans la dernière décennie et globalement en
cas de conflit avec les collectivités territoriales, le
ministre de la culture s’est, après parfois un soutien
initial, rangé du côté du pouvoir local. Les
acteurs culturels, craignent moins la censure brutale que l’usure
d’un conflit larvé, les querelles administratives, les
rumeurs assassines, un climat délétère qui remet
en cause "la liberté de création" d’une
manière beaucoup plus subtile que le conflit ouvert, affirmé.
Les acteurs culturels sont désormais très dépendants
des collectivités territoriales qui le plus souvent sont
propriétaires des murs et assurent une bonne part du
financement des équipes. Les conventions pluriannuelles ne
sont souvent que de fragiles paravents.
Proposition 6 :
Pour garantir la vie des équipes porteuses de projet artistique, Autre(s)pARTs soutient la mise en place d'un organe médiateur le plus possible "indépendant" (qui ne soit pas juge et partie), que toute équipe pourrait saisir dès l’amorce d’un conflit ou l’annonce d’une mesure relevant "du fait du prince". Si une instance locale, après une élection, veut changer de politique, une procédure devrait être établie, sous la surveillance de cet organe médiateur. Cette procédure devrait au minimum assurer le reclassement de l'équipe ou des personnes concernées, ou leur proposer un autre point de chute.
7) Vers des lieux-projets artistiques et culturels plutôt que des espaces de la culture.
Les
équipements culturels se sont multipliés ces trente
dernières années. Ces investissements lourds génèrent
une prééminence des frais structurels et de diffusion
culturelle sur les investissements de production et d'action
culturelle élargie. Les résidences artistiques ont
cherché mais n’ont pas permis d’équilibrer ce
processus. Les équipes artistiques manquent actuellement de
lieux de fabrication, mais aussi d'implantation provisoire ou plus
longue sur un territoire donné. Les friches et nouveaux
espaces-projets artistiques offrent des possibilités aux
équipes. Ces espaces ne sont pas seulement des lieux de
production fermés sur eux-mêmes. Ils permettent aussi de
nouvelles et autres relations avec les populations où ils sont
implantés. Ce sont des lieux-projets, plutôt que des
édifices majoritairement voués à la diffusion
culturelle. Les fonctions de production, diffusion, formation,
relation à la population sont reliés à un projet
global. Malheureusement, ces lieux sont trop souvent peu aidés
et restent cantonnés à la marge de l’institution
culturelle traditionnelle.
Proposition 7 :
Autre(s)pARTs soutient l'établissement, au profit de chaque équipement de ce type, d'un double seuil minimum, de frais fixes de fonctionnement et d’investissement, pour assurer la sécurité et le fonctionnement normal du bâtiment, en particulier exigés par les commissions de sécurité.
Nous plaidons également pour des conventions d’occupation des locaux, portant sur une durée minimale de 5 ans et signées avec les équipes qui prennent en charge ces équipements.
8) Vers une utilisation plus rigoureuse de la notion de projet.
De
plus en plus, le ministère de la culture (ou les autres
instances publiques) gèrent les activités en demandant
la rédaction préalable d’un projet. Un projet énonce
en général des objectifs, des méthodes pour y
parvenir, un calendrier de réalisation, un CV des artistes, un
budget. Mais l’utilisation généralisée de
cette procédure présente plusieurs inconvénients.
Elle est trop souvent décalée par rapport à une
démarche artistique pleine d’imprévus, aléatoire
dans son essence même. De plus, les difficultés ou les
richesses rencontrées sur le terrain transforment peu à
peu la demande prévue dans le dossier initial. La procédure
exige aussi une anticipation forte, avec un décalage important
des décisions des divers financeurs. Enfin la procédure
devant dans la plupart des cas se répéter d’année
en année, elle oblige nombre d'acteurs à introduire un
projet pour survivre, aucun financement structurel n’étant
prévu, sauf dans certains conventionnements pluriannuels. D’où
une multiplication des projets qui perdent peu à peu leur rôle
essentiel : assurer une dynamique de développement culturel
selon des objectifs et non pas "bricoler" une continuité
de gestion des équipes ou équipements.
Proposition 8 :
Autre(s)pARTs soutient la nécessité de réaffirmer de manière rigoureuse le fonctionnement d’une politique culturelle sur projets.
Pour ce faire, nous plaidons pour une généralisation des appels d’offres ouverts à projet, mais selon une double procédure simultanée. La première porterait sur la prise en charge des frais fixes de structure (de l'équipe et/ou équipement) et s'établirait sur la base d'un projet structurel de fonctionnement à horizon de 5 ans, renouvelable. La seconde concernerait les projets élémentaires de développement artistique et culturel, selon des horizons renouvelables ou non de 1 à 3 ans selon les cas.
Dans
tous les cas, nous plaidons pour que soient déterminés
avec précision et adaptés à la logique de projet
(et non à la logique purement administrative) les procédures,
les délais d’exécution et les modes d'évaluation
administratives. Les aléas de réalisation des projets
devraient être réglés par réunions
contractuelles expressément prévues entre les divers
partenaires (dont financiers).
9) Vers une dimension internationale du développement artistique et culturel.
La
circulation des artistes, des groupes de divers pays étrangers
est déjà une politique courante en France. Mais le plus
souvent, elle reste limitée à la seule diffusion des
spectacles, concerts, manifestations diverses, les coproductions
entre plusieurs pays restant surtout le fait d'organisations
culturelles instituées et disposant de moyens conséquents.
La politique culturelle de l’Union Européenne reste
embryonnaire et trop rigide. L’Association française
d'action artistique (AFAA) reste marquée par son rôle
initial de diffusion de la culture française à
l’étranger.
Proposition 9 :
Retrouver une véritable dimension internationale de l’échange culturel implique une politique à long terme comportant au moins deux aspects :
- des résidences en France et à l’étranger, une association plus forte entre équipes artistiques sur des périodes plus longues, l’intervention conjointe des équipes françaises et étrangères sur le terrain, en France et à l’étranger ;
- une instance sans doute interministérielle mais unifiée qui financerait ces démarches et faciliterait la venue des équipes.
Autre(s)pARTs soutient qu'un jumelage, non plus formel mais concret et pratique entre équipes artistiques françaises et étrangères, devrait systématiquement figurer dans le projet structurel de chaque équipe ou équipement artistique et culturel, comme dans plusieurs de leurs projets élémentaires.
10) Pour une nouvelle association des porteurs de projet artistique et culturel à la définition et la mise en œuvre des politiques culturelles.
Le droit à la culture s’inscrit peu à peu dans les droits fondamentaux du citoyen européen. Le droit à la culture n’est pas seulement un vœu formel, il doit pouvoir s’étendre à l’ensemble des citoyens et assurer enfin les promesses tenues dans le concept de démocratie culturelle. Face à la pression uniformisante de la mondialisation d’un côté et la régression identitaire sur les mythologies régionalistes, ethniques et religieuses de l’autre, il semble que la culture puisse jouer un rôle fondamental à condition bien évidemment qu’elle s’ouvre de plus en plus largement à un nombre croissant de citoyens, surtout ceux qui ne sont pas encore concernés par l’offre culturelle traditionnelle.
Cette
nouvelle dimension de la politique culturelle doit impliquer
l’ensemble des organisations, mais surtout celles qui la mettent
déjà en œuvre sur le terrain. Le rôle des
équipes porteuses de projets artistiques et culturels, tels
que nous venons de les préciser, devient prééminent
dans ce contexte. Une étape de l’action culturelle a été
franchie : celle des équipements, de l’offre culturelle
croissante. Une autre doit s’ouvrir, qui favorise un nouveau
processus instituant, déployant d’autres relations avec la
population, permettant une effervescence créatrice plus
partagée. Les friches culturelles, les nouvelles équipes
et espaces-projets artistiques sont par leur position même les
partenaires privilégiés de cette nouvelle étape.
Proposition 10 :
Autre(s)pARTs réaffirme sa volonté d'être un interlocuteur collectif pour l'ensemble des partenaires civils et publics qui désirent approfondir les problématiques, les thèmes et les propositions que nous venons de rappeler.